Népal: le parc national de Bardia, sanctuaire du tigre,
de l'éléphant et du rhinocéros
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Eléphants au clair de lune

Février 2008, je suis revenu à Bardia après deux longues années d'absences. Nous sommes le 21, jour de pleine lune.
Cette nuit je ne veux pas dormir, la clarté lunaire est si forte que l'on distingue faiblement quelques couleurs pâles.
Je sens que quelque chose de fort va se passer. Vers 22 heures, des cris se font entendre.
Un groupe d'éléphants vient de franchir la rivière et se dirige vers les cultures qui bordent notre auberge.
Un paysan les a repéré. Rapidement tout un groupe de personnes se met a crier, certains brandissent des tisons enflammés.
Cela suffit à décourager le groupe qui préfère rebrousser chemin vers la forêt.
Le calme revient, juste troublé par les bruits habituels de la nuit, insectes, oiseaux nocturnes...

Mon ami Shankar me dit que les éléphants vont revenir. Il suffit de suivre la rivière sur quelques centaines de mètres.
Là-bas, elle s'élargit et serpente entre des bancs de galets.
Depuis un petit promontoire, nous sommes idéalement placés pour observer
bien protégés par une petite falaise de sable.

Après une attente silencieuse, soudain, un craquement ! Quelques instants plus tard, un autre.
Puis silencieusement, une imposante masse grise sort du couvert forestier et se dirige vers la rivière.
Puis une autre, et encore une autre. Bientôt c'est une quinzaine d'éléphants qui se trouvent là devant nous...
A vingt ou trente mètres tout au plus !

Le groupe s'abreuve. Tout en retenant mon souffle, j'entends des respirations paisibles, des gargouillements.
Des sons très graves, comme une sorte de vibration.
Les mastodontes communiquent entre eux sur un registre vocal que je n'entends pas vraiment,
mais que je ressent comme une vibration de tout mon être.

Soudain un fracas sourd. Un arbre s'écroule pesament sur le sol.
Un instant plus tard, un éléphant aux défenses imposantes sort à son tour et rejoint le groupe.
Il prend la tête de celui-ci et tous le suivent. Au total ce sont 17 éléphants qui défilent silencieusement devant nous,
sans hâte en faisant juste crisser quelques galets sous leur poids.
Des adultes, de jeunes éléphanteaux collés à leurs mères, tous derrière le grand mâle.
Le groupe passe devant nous... et disparait dans la nuit.

 

 

Un jeune mâle. Seuls les mâles portent des défenses chez l'éléphant d'Asie. Les femelles en ont toutefois parfois de petites.


Les éléphants vivent en petits groupes pouvant aller jusqu'à une vingtaine, le plus souvent conduit par une femelle agée.
Les mâles sont le plus souvent solitaires.

Un vieux mâle solitaire dans la jungle dense.

Un petit groupe conduit par une femelle ...

... se rend au point d'eau.

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